Bernard Moninot. Mémoire du vent

Ecoutez Bernard Moninot

Bernard MONINOT (1949, Le Fay)

Les vents ont été depuis toujours et en tous lieux perçus comme des êtres singuliers, ce qu’attestent leurs noms et l’article défini qui en français les précède : le noroît, le mistral, le sirocco, l’harmattan, etc. En maintes civilisations, ils avaient leurs divinités, Éole pour les Grecs, Fujin pour les Japonais ou encore Shou pour les Egyptiens. Ce n’est pourtant pas de la mythologie que Bernard Moninot s’inspire, mais d’un autre imaginaire où se rencontrent la chasse subtile des entomologistes et la science, avec ses explorations et ses expérimentations. Là, au milieu d’une plaine ou sur une colline, il dispose ses instruments : à l’extrémité d’un bras monté sur un trépied, il suspend une boîte de verre ronde dont la surface a été enduite de noir de fumée ; au-dessous, il fixe au bout d’une brindille ou d’une tige végétale un stylet qui, agité par le vent, vient inscrire son mouvement pendant une dizaine de secondes sur la surface de verre. Il en résulte un graphe qui est une brève séquence de l’invisible film du vent, saisi dans son être corpusculaire, comme l’est le passage de particules dans une chambre à brouillard. (Extrait catalogue Chambre d’écho, château de Sucy, 2019 – Renaud Ego)

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