Emmanuel Régent, Photo Nicolas Pfeiffer

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Emmanuel Régent - Par n'importe quel ciel

Du 5 décembre 2026 au 13 juin 2027

Salle Anny Courtade, nouveaux espaces.

Dans la salle de l’extension du bâtiment dédiée aux expositions temporaires, la Fondation Maeght invite cette saison Emmanuel Régent (né en 1973, vit et travaille entre Villefranche-sur-Mer et Paris). Sur le thème de la ruine, l’artiste y présente dix œuvres récentes sur papier, de grandes dimensions, et une gravure. Ici une ville dévastée, là une foule immobile, un bateau qui coule, là encore un avion qui vient de tomber…

Les sujets extrêmement contrastés de ses dessins sont comme surexposés, presque effacés. Il utilise des feutres à l’encre de Chine noire pour remplir les parties sombres, un grésillement graphique qui rappelle le pixel des images numériques, mais dans un geste traditionnel. Emmanuel Régent cherche à comprendre comment la révolution numérique et les nouvelles technologies peuvent influencer une pratique classique du dessin.

La ruine, ici, n’est pas un décor mais un sujet en soi, hérité d’une longue tradition picturale qui en a fait le motif même de la vanité. Hubert Robert peignait des ruines imaginaires où l’architecture la plus grandiose finissait toujours en pierres éparses envahies par la végétation, comme pour rappeler que toute puissance humaine porte déjà sa propre déchéance. Caspar David Friedrich, plus tard, plaçait ses ruines gothiques dans des paysages nordiques désolés, moins pour pleurer le passé que pour interroger ce qui subsiste d’une civilisation quand le temps a fait son œuvre. C’est cette même question qui traverse les dessins de cette exposition : que reste-t-il debout quand tout s’effondre, et que nous dit ce qui reste ?

« J’aimerais que mes dessins agissent comme une plante carnivore, qu’ils attirent le regard par leur ambiguïté avec la photographie, par la dextérité et la patience nécessaire au travail lent et minutieux de l’encre au feutre. Je voudrais qu’ils captivent par le savoir-faire d’exécution, la représentation figurative et décorative assumée jusqu’à ce que l’œil intègre et comprennent que le bâtiment s’effondre, le bateau coule et l’avion vient de s’écraser, c’est alors que se referme la réalité sur l’œil qui bascule de l’autre côté, derrière le miroir ».

Emmanuel Régent

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