Alberto Giacometti, L'Homme qui marche

Homme qui marche, 1960

« Une femme, je la fais toujours immobile, et l’homme, je le fais toujours marchant ». Alberto Giacometti En 1947, Giacometti rompant avec dix années passées à observer le modèle pour mieux en exprimer la réalité et n’y parvenant – selon lui – pas, se met à travailler ses sculptures de mémoire, « mais bizarrement, elles n’étaient ressemblantes que lorsqu’elles étaient longues et fines » (A.G., in 1948, Lettre à Pierre Matisse, Ecrits, 199, p. 44). L’Homme qui marche figura en 1948 à la première exposition de l’artiste à la Galerie Pierre Matisse à New York. Cette sculpture trouve avec la Grande tête et les Grandes Femmes debout son origine dans une demande faite en 1958 à Giacometti par l’architecte américain Gordon Bunshaft, responsable des soixante étages de la Chase Manhattan Bank à New York.

Alberto Giacometti (1901 - 1966)

En 1959, l’architecte chargé du nouveau siège de la Chase Manhattan Bank de New York demande à Alberto de créer de grandes sculptures pour la Plaza. Alberto se met aussitôt au travail et réalise, entre autres, L’Homme qui marche et la Grande femme debout (près de trois mètres de haut). Finalement, le commanditaire ne retient pas son projet. Pierre Matisse refuse, lui aussi, ces œuvres jugées « trop difficiles ». Alors, mon père, propose à Alberto d’investir l’agora centrale de la Fondation de Saint-Paul, qui, alors, sort de terre. C’est Alberto lui-même qui viendra peindre les bronzes – et non les patiner – et qui les installera dans la Cour, cette Cour désormais connue dans le monde entier sous le nom de « Cour Giacometti ». Il choisit et souvent modifie, les emplacements de chacune de ses sculptures : autour de la Grande tête de Diego il place la série Femme de Venise, les deux Homme qui marche et les deux Grande femme debout… Il passe beaucoup de temps à la Fondation. Il est heureux parmi ses sculptures, il change souvent leur disposition, ajoutant Le Cube, enlevant Le Chien, rien n’est figé. Il aime que ses grands personnages soient confrontés à la nature, aux arbres, à la couleur de la brique de la Fondation, ou à celle des dalles de terre-cuite des salles. C’est pour cela qu’il a peint certains bronzes que nous avons à la Fondation, pour s’accorder avec la lumière et les couleurs du sud. Adrien Maeght
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