Labyrinthe Miró

Cet ensemble d’œuvres uniques, conçues spécialement pour la Fondation Maeght, reprend les différents matériaux que Miró aimait à travailler : la céramique, le marbre de Carrare, le fer ou encore le bronze et le béton. La découverte du labyrinthe Miró, dont la réalisation s’est poursuivie bien après l’inauguration de la fondation (1963-1968-1973), se fait à partir d’une ligne peinte en blanc serpentant sur les murets et figurant le fil d’Ariane. La visite elle-même peut s’effectuer dans n’importe quel sens.

Sur la plus haute terrasse, se trouvent Le Cerf-volant (1963) et Le Lézard (1963) en céramique. Chacun sur un mur, l’un est ancré et l’autre grimpe telle une tarente (porte bonheur dans le Midi). Sa surface irrégulière présente des empreintes de doigts, les doigts de Miró ! La Tour (1963), dans laquelle sont encastrées trois plaques en céramiques de forme arrondie, est dominée par un oiseau en fer forgé d’un mètre trente de haut, perché à son sommet. La plaque du haut est noire avec l’étoile emblématique de Miró tracée en graffite, celle du milieu est blanche et porte un dessin complexe formé en partie de courbes tandis que la plus basse est rouge avec en son centre une sorte de croix noire et un cercle. Le Mur (1968), au bas de cet édifice, compte 468 plaques de céramique de mêmes dimensions jointes comme un carrelage et assemblées comme un puzzle. Ce mur de céramique de 12 mètres sur 2 a été préparé en Espagne, à Gallifa dans l’atelier d’Artigas, puis transporté et posé à la Fondation en 1968. La Déesse (1963) se dresse au centre de cette terrasse avec majesté, une déesse de la fécondité. Son ventre fertile est composé d’une carapace de tortue en céramique. Une gargouille verte (1968) crache l’eau dans un premier bassin (le labyrinthe en compte quatre au total) dont le fonds est animé de créations de Miró. L’Arc (1963) se présente sur cette deuxième terrasse, comme une porte ouverte sur un ailleurs. Composé de 30 tonnes de béton, Il trône majestueusement et impose sa puissance à l’ensemble. Sur la surface granuleuse de cette sculpture en béton armé, l’artiste toujours épris de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques, a réalisé des gravures au marteau-piqueur ! L’Œuf de Mammouth (1963) se reflète sur l’eau, tout l’univers poétique de Miró est là en quelques traits gravés. Le Cadran solaire (1973) conçu en céramiques brisées semble avoir arrêté le temps. La Fourche (1963) est en fer et en bronze ; elle reprend le symbole du poing levé du paysan en révolte lors de la guerre d’Espagne. A l’origine la fourche tournait par grand mistral… aujourd’hui elle est fixée. Quelques marches plus bas, une sculpture en marbre blanc, La Femme à la chevelure défaite (1968), est dressée sur un rocher, au centre d’un bassin. Fixé au mur de briques, le Personnage-totem (1968), visage de céramique brune juché sur un haut support de fer, cette figure sans corps ni bras, surplombe – sphinx impénétrable – le Labyrinthe. L’Oiseau lunaire et l’Oiseau solaire (1968) sont en marbre de Carrare, ce dernier posé sur un socle de pierre oscille entre la forme d’un mammifère marin et celle d’un migrateur. Un Personnage et deux Gargouilles (1968) ont été placés  dans le dernier bassin. Une seule de ces trois sculptures crache de l’eau. Elle est fixée au mur de pierre, à côté de deux masques de théâtre antique en céramique, l’un avec une tête de  reptile, l’autre avec une tête ronde de chouette.

Joan Miró (1893-1983)

Ce labyrinthe (1963-1968-1973) est né de la collaboration étroite de l’artiste Joan Miró, de l’architecte Josep Lluís Sert, du céramiste Josep Llorens Artigas et de son fils Joan Gardy Artigas. Miró va créer un monde onirique peuplé d’animaux fantastiques issus de sa propre mythologie. Le génie catalan va explorer tous les matériaux avec les vingt oeuvres qui composent ce labyrinthe.

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