Menu

Sam FRANCIS

(1923 - 1994)


Sam Francis étudie dans sa jeunesse la botanique, la médecine, la psychologie à l’Université de Berkeley. Pendant la guerre, alors qu’il est engagé dans l’U. S. Air force, il est blessé à la colonne vertébrale et hospitalisé. C’est dans ce contexte qu’il commence à peindre, célébrant ensuite les vertus thérapeutiques de l’art. Il exécute des aquarelles de cieux, de nuages ou il note la diffusion de la lumière. Au terme de sa convalescence, il étudie la peinture auprès de Clyfford Still, dont l’empreinte est décelable et coïncide sans doute avec la découverte de la peinture impressionniste. Une bourse d’étude lui permet de se rendre à Paris en 1950. Il y séjourne jusqu’en 1961 et rencontre un certain nombre d’artistes abstraits, français et américains soutenus par le critique, spécialiste d’art byzantin et copte, Georges Duthuit. En France, Sam Francis découvre la peinture post-impressionniste, celle plus tardive de Monet dont il loue les valeurs sensibles et vibrantes liées à la représentation de la lumière, faisant disparaitre la perspective traditionnelle. Une forme d’abstraction européenne avait été inaugurée, en ce sens, par le Talisman de Paul Serusier (1888) proposant essentiellement d’interroger picturalement la lumière et la façon dont elle simplifie le contour, rendant compte par un seul champ de couleur, de la profondeur de l’objet, de l’espace, en les modelant par de subtiles variations. Ce procédé intéressé Sam Francis qui le développera jusqu’à l’≪ infini blanc ≫ borde de la fin des années 1960, parfois traverse de ≪ giclures ≫. Sam Francis va se distinguer de l’Action Painting qui laisse seul le hasard de la projection décider de la répartition chromatique sur la toile et du Color field qu’il pratique un temps. La couleur a, dans l’œuvre de Sam Francis, les valeurs que Goethe avait précisées au début du XIXe siècle, au-delà d’une appréhension purement physique. Dans l’œuvre de Sam Francis, notamment la part formée par les monotypes, annonce la jubilation du cosmos. Sam Francis a souvent évoque le chaos dont il offre une vision primordiale, en transmettant le vertige et l’ivresse. 

A partir des années 1960, Sam Francis réalise des tableaux blancs simplement bordés de couleurs (Arial Coral Free III, 1969-1970 / From my angels, 1970, collection Fondation Maeght). Il dédie ses toiles à ses anges, invoque l’infini dans ce qu’il peut générer en termes d’illuminations. Le vide surgit, tel un gouffre de lumière au bord duquel on se situe, espace aussi absorbant que rayonnant, comme la préfiguration d’un ultime état de conscience ou une invitation à réinventer le ciel.

 

Sam Francis à la Fondation Maeght
Sam Francis à la Fondation Maeght, 1983

La Fondation Maeght conserve dans ses collections deux peintures de l'artiste.