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Ossip ZADKINE

(1890 - 1967)


Né à Vitebsk, Biélorussie, 1890 – Paris, 1967.

 Après avoir quitté sa Russie natale, et passé quatre ans en Grande-Bretagne (1905-1908), Zadkine s’installe en France en 1909. Après un bref passage à l’école des Beaux-Arts, il obtient un atelier à la Ruche. De 1910 à 1914, il assimile progressivement la leçon des cubistes et tente de l’intégrer à ses sculptures. La guerre interrompt ses recherches : engagé volontaire, gazé, il en revient, selon ses propres termes, « dévasté physiquement et moralement ». Son style se construit lentement, au départ assez proche du primitivisme de Gauguin, puis inspiré du cubisme d’Archipenko, enfin tentant une synthèse entre les deux. Il est naturalisé français en 1921. Il voit ses œuvres entrées au musée de Grenoble dès 1922 (Tigre en bois doré et une Tête de jeune fille en marbre), à l’instigation du conservateur Andry-Farcy. Ses sculptures sont régulièrement exposées à Paris et à l’étranger notamment au Japon, en Belgique et aux Pays-Bas, et des expositions personnelles viennent confirmer sa notoriété, Londres (1928), la Biennale de Venise (1932)... Zadkine mène parallèlement une activité d’enseignant, dans son atelier parisien ou à l’Académie de la Grande Chaumière. La Seconde Guerre mondiale l’oblige à se réfugier à New York en 1941, puis près de Tucson, Arizona, en 1944. Il enseignera notamment à l’Art Students League of New York et formera de nombreux artistes, dont Kenneth Noland. En mars 1942, la Galerie Pierre Matisse l’invite à participer à l’exposition « Artists in Exile » aux côtés de Léger, de Chagall, de Lipchitz… La reconnaissance internationale se manifeste par les expositions du Palais des Beaux-Arts à Bruxelles (1948), du Boymans Museum à Rotterdam (1949), de la galerie Fujikawa au Japon (1954). Le musée Wallraf-Richartz de Cologne (1960), la Tate Gallery à Londres (1961), le Kunsthaus de Zurich (1965) lui consacrent de grandes rétrospectives.

Statue pour un jardin
Statue pour un jardin, 1958

Bronze
253 x 112 x 57 cm
Don de Mme Zadkine, 1971
Collection Fondation Maeght

On en connaît plusieurs états, le plus ancien étant probablement une version en bois de 1927. Le titre indique la nécessité pour l’artiste de voir sa statue déposée à l’extérieur, si possible en plein vent, pour que la brise puisse faire tourner les volets métalliques qui représentent un cœur et l’intérieur du corps, enserrés au milieu du bronze et pivotant sur un axe central. Le déplacement est lent, aléatoire, ou bien se produit par à-coups, et l’œuvre ne s’offre jamais exactement deux fois sous le même angle aux regards.