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Henri MICHAUX

(1899 - 1984)


Ecrivain, poète et peintre d'origine belge, Henri Michaux commence très jeune à écrire ses premiers poèmes. L'occupation de la Belgique par les allemands lors de la Première Guerre Mondiale diffère ses études universitaires de deux ans, période pendant laquelle il dévore une grande quantité de littérature, de la vie des saints aux poèmes d'avant-garde. « Cas de folie circulaire », son premier poème est publié en 1922 dans la revue littéraire Le Disque Vert, dirigée par Franz Hellens. Celui-ci l’encourage et le nomme co-directeur de la revue. En 1924, déçu par l’accueil réservé à ses écrits, il part pour Paris où il devient livreur dans la maison d'édition de Simon Kra. Il y rencontre Jules Supervielle qui l'engage comme secrétaire personnel. Il est ainsi amené à fréquenter le milieu littéraire parisien, dont Jean Paulhan qui le pousse à son tour dans cette voie. Il découvre également la peinture à travers les œuvres de Paul Klee ou de Giorgio de Chirico, et commence alors à peindre. En 1927, il réalise ses premiers dessins, sortes de hiéroglyphes, et publie son premier livre important Qui je fus, recueil de ses poèmes déjà précédemment publiés. Il dessine et peint de plus en plus, fait de nombreux voyages en Amérique du Nord et en Asie, où il se découvre un grand intérêt pour la calligraphie chinoise.

Il mène de front création littéraire et picturale. En 1937 il est rédacteur en chef de la revue Hermès et expose pour la première fois à la galerie Pierre Loeb, à Paris, en 1938. En 1939, il publie Peintures, qui regroupe des poèmes et ses propres dessins abstraits. Durant la Seconde Guerre mondiale, il séjourne dans le Midi de la France et rencontre André Gide. En 1941, Découvrons Henri Michaux, d'André Gide, attire l'attention du grand public sur lui et son œuvre. Cette notoriété le dérange. Pendant cette même époque de l'occupation, il épouse Marie-Louise, qui meurt en 1948. À la suite de ce décès, il réalise des centaines de dessins et écrit un poème, Nous deux encore; ses dessins sont rassemblés dans un recueil en 1951 : Mouvements. La peinture prenant le pas sur l'écriture, il tient sa première rétrospective en 1951 à la Galerie Rive Gauche. Cinq ans plus tard débutent ses expériences avec les hallucinogènes dont il rendra compte à travers plusieurs livres et dessins.

En 1955, Henri Michaux prend la nationalité française ; en 1959 il expose des grandes peintures à l'encre de Chine, sa technique de prédilection. Le Musée national d'art moderne de Paris lui consacre une importante exposition en 1978. La recherche d'un univers de signes comme la source la plus directe de l'expression et la création de paysages et d'êtres fantastiques sont les deux thèmes principaux de son œuvre. Il pratique autant l'aquarelle que le dessin au crayon, la gouache que la gravure ou l'encre. Ses propres écrits et critiques constituent une source essentielle d'information sur son œuvre picturale. Il reniera plus tard ces écrits et interdira leur réédition de son vivant. Une importante rétrospective de son œuvre a lieu à Tokyo en 1983. Henri Michaux décède l’année suivante.

Henri Michaux à la Fondation Maeght
Henri Michaux à la Fondation Maeght, 1976

La fondation conserve dans ses collections des dessins de l'artiste.