La Fondation Marguerite et Aimé Maeght présente plus de 150 œuvres (peintures, sculptures et œuvres gravées) issues de ses collections. L’exposition propose un regard croisé et introspectif sur une collection à la fois historique et emblématique. En accompagnement de peintures et sculptures incontournables, est proposé un ensemble exceptionnel de lithographies, gravures ou eaux-fortes d’artistes qui ont façonné, inventé et réinventé la modernité, en mettant en évidence l’ampleur et la vitalité d’un travail sur papier longtemps considéré, à tort, comme un art secondaire ou de l’illustration. En effet, la gravure, loin d’être le « délassement du peintre », est également un moyen qui offre aux artistes la possibilité de s’exprimer différemment car ils dépendent, alors, d’une technique qui n’autorise aucun repentir.

Dans la suite des grandes expositions d’été et particulièrement après l’exposition De l’écriture à la peinture, consacrée aux grands livres illustrés, la Fondation Maeght attendait cet événement pour mettre en lumière l’importance qu’ont accordé Aimé et Marguerite Maeght aux œuvres sur papier, invitant les artistes à entrer dans l’esthétique particulière de la gravure et de la lithographie.
L’exposition, autour de vingt-et-un artistes présents dans la collection, évoque vingt-et-un ateliers où se côtoient peintures, sculptures, œuvres gravées :

L’exposition fait découvrir de manière spectaculaire un aspect très attendu de la collection. Les grands artistes qui ont accompagné l’histoire de la Fondation ont développé un travail de gravure, de lithographie, de monotype ou d’estampes avec la même force et la même attention que celles mises dans leurs travaux peints ou sculptés. Cette exposition montrera combien les divers procédés permettent l’émergence d’œuvres que l’on ne soupçonnait pas : de la confidentialité des premières gravures cubistes de Georges Braque en 1907, en passant par l’intimité des ateliers d’Alberto Giacometti, jusqu’à l’onirisme et la spiritualité propres aux univers de Joan Miró et de Marc Chagall, sans oublier les trouvailles étonnamment figuratives d’Ellsworth Kelly, ou la monumentalité – à l’égal de sa sculpture – des eaux-fortes d’Eduardo Chillida… c’est plus d’un siècle de création qui est ainsi revisité.

Ces chefs-d’œuvre sur papier ont enrichi les collections de la Fondation Maeght dès son origine, ils furent parfois prêtés dans le cadre d’expositions internationales, mais jamais encore montrés à la Fondation Maeght. Cette approche inédite permettra ainsi au visiteur de découvrir un patrimoine dont la richesse n’a d’égal que la complexité. Ainsi, les réserves de la Fondation Maeght s’ouvriront pour révéler, dans une confrontation étonnante et nécessaire, les différents « ateliers » qui ont bâti l’art de notre temps. Autour de leurs chefs-d’oeuvre peints ou sculptés, les chefs-d’oeuvre gravés surprendront par leurs caractères sensibles, leurs esthétiques originales et affirmées.

Michel Enrici assure le commissariat de cette exposition dont la scénographie a été confiée à Daniela Ferretti.

Michel Enrici est directeur du Pavillon Bosio, École Supérieure d’Arts Plastiques de Monaco, historien et critique d’art, il fut commissaire d’expositions au Centre Georges-Pompidou et au Musée de Villeneuve-d’Ascq et auteur, entre autres, de textes pour des catalogues d’expositions au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris et au CCC de Tours.

Daniela Ferretti est architecte des bâtiments de Venise et a contribué en 2005 à la scénographie des expositions Véronèse au Musée Correr à Venise, Paris et les Surréalistes au CCCB de Barcelone.

 

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Georges Braque

Marc Chagall

Joan Miró